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FAZ par Marc Levy

 Je connaissais l’histoire de ce petit garçon, nomade du désert qui demanda un jour à son grand père de lui expliquer ce qu’était une femme. L’homme avait répondu que la tâche était impossible tant elles étaient plurielles.


Alors « décris-les moi si elles sont si nombreuses », demanda l’enfant, « nous avons le temps, le voyage est long » et le vieillard se rendit compte que de tous ces multiples, il ne savait dépeindre que les deux seules femmes qu’il avait connues, son épouse et sa mère, encore présente en sa mémoire. 


Alors, l’homme parla de la terre, de l’eau, du feu et du ciel. Ce sont là, les mots qu’il utilisait pour décrire ce qu’il ressentait sans savoir  nommer, la féminité.


La féminité est au cœur de la sculpture de FAZ.

La femme y est élément ; aussitôt née, elle se fond dans la nature qui lui donne vie, peut-être est-ce le contraire. Alors, comme pour lever ce doute, la main de FAZ sculpte plus loin encore, elle va droit au désir, à son issue : le sentiment. La passion y guette la tendresse, les corps mêlés de terre ou de bronze invitent à ce voyage.


Les courbes sont sensuelles, les mouvements intimes, jamais provocants ; comme une voix au timbre envoûtant, chaque sculpture nous attire vers une autre, vers plus de connaissance, le délicat n’a pas de limite.

En tournant autour de ces femmes aux visages qui filent vers le ciel, on imagine un regard, et au-delà de l’attitude, la vie qu’elle suggère, le moment tout du moins.

Les femmes de FAZ sont belles, subtiles, attirantes et sincères, si touchantes que presque dangereuses ; on voudrait repartir au bras de l’une d’elles, avoir le privilège de lui parler, d’entendre une confidence.

La sculpture est si vivante que l’on peut se prêter à rêver.

Et après tout qui sait ? Peut-être, une fois le soir venu, lorsque l’exposition ferme au public, dans la pénombre solitaire, ne se mettraient-elles pas à parler ?

Alors un grand père du désert n’aurait plus qu’à faire visiter le lieu à son petit fils.

Marc Levy


I knew the story of this little boy, a desert nomad, who once asked his grandfather to explain to him what a woman was. The man answered that the task was impossible, as they were several.


So “describe them to me if there are so many”, asked the child, “we have time, this is a long journey”, and the old man realized that in this multitude, he could only depict the two women he had known, his spouse and his mother, still present to his mind.


So the man spoke of earth, water, fire and heaven. These are the words he used to describe what he felt without being able to name, womanhood.


Womanhood is at the heart of FAZ’ sculpture. Woman as element.

As soon as she comes to life, she blends into nature, which gives her birth, or may be it’s the opposite. So, as if to lift this doubt, FAZ’ hand sculpts further, it goes straight to desire, to its outcome: emotion. Passion yielding to gentleness, the bodies mingled with earth or bronze invite you to this journey.


Curves are sensual, motions intimate, and never provocative. Like an enchanting voice, each sculpture leads you to another, to yet more knowledge, there are no limits to delicacy.


Walking around these women, whose faces shoot towards the sky, one imagines a glance, and beyond the pose, the life it suggests, the moment, at least.


FAZ’ women are beautiful, subtle, attractive and sincere, so touching that they are almost dangerous. One would like to leave, on the arm of one of them, to have the honor to talk to her, to hear a confiding whisper.

The sculpture is so alive that one can start dreaming.


And in the end who knows? May be, at nightfall, when the exhibition closes to the public, in the solitary half light, may be they would start speaking. Then, a grandfather from the desert would guide his grandson through the place.

Marc Levy

 



 

FAZ par Philippe Grimbert

Ce qui divise une Femme ?

Elles sont là, puisant leur matière dans leur socle même, déclinant les quatre éléments et nous posant une question insistante : qu'est-ce qui divise une femme ? Et devant elles, lorsque l'angle de notre regard ouvre de nouvelles perspectives, nous tentons une réponse : elle est divisée par son corps assurément, par son usage, par son plaisir. Par la promesse de sa fécondité. Aussi, plus douloureusement, par le regard des hommes qui la fait éclater, qui la découpe en éclairs de désir, catalogue des objets dont ils la dépossèdent.

Ce qui divise une femme ? L'eau dont elle ruisselle, la terre dont elle est mère, le souffle qu'elle génère, le feu qu'elle recèle. Tournez autour des statues de FAZ et vous entendrez cette vérité, impossible à saisir par des mots : elle court d'œuvre en œuvre, tapie dans le repli du sexe de la Métamorphose, dans les fesses somptueuses de la Sirane, dans l'éclatement ébloui des membres de la Bise.

Philippe Grimbert


What divides a woman?

Here they are, drawing their matter from their very plinth, inflecting the four elements and asking us a persistent question: what divides a woman? And in front of them, when the angle of our gaze opens new perspectives, we attempt an answer. She is divided by her body, undoubtedly, by its use, by its pleasure. By the promise of its fertility. Also, more painfully, by the gaze of men who burst her open, who break her up in flashes of desire, catalogue of objects which they take away from her.

What divides a woman? The water from which she streams, the earth of which she is mother, the breath she generates, the fire she conceals. Walk around FAZ' statues and you shall hear this truth, impossible to grasp with words: it runs from sculpture to sculpture, nestled in the fold of Metamorphosis' sex, in Sirane's gorgeous buttocks, in the dazzled bursting of the limbs in the Kiss.


Philippe Grimbert


FAZ par Christian Gattinoni.


Faz est femme avec sa tête comme avec son cœur. Les cœurs elle les fait tourner dans ses sculptures qui jouent de l’élancement et d’une énergie mise en action suivant des hélicoïdales empruntées à la chimie.Ce qu’elle sculpte c’est avant tout la relation, non la femme en tant que sujet, mais ses liens à son histoire, à sa sensibilité. En tant qu’homme ses œuvres suggèrent l’enlacement, elles exigent l’effort conjugué des épaules et des avant-bras sans recours à la force, c’est elle qui la maîtrise, mais à une participation en empathie. Pour les femmes ces œuvres ne se veulent pas seulement miroir, elles convoquent leur sensibilité dans une solidarité d’exigence en recherche de maternité. Grâce à l’élégance de ses matériaux comme à l’épure de ses lignes Faz tente une alchimie contemporaine des passions.


Christian GATTINONI.

 


 


Faz par Fabienne Azire.

Sa sculpture monumentale intitulée Ensemble reprend le travail plastique sur le féminin que la jeune femme poursuit depuis plusieurs années. Entre les pleins et le creux FAZ exprime comme personne la femme contemporaine. Retenez bien son nom…on commence à beaucoup parler d’elle, et ce n’est qu’un début !


Fabienne Azire, rédacteur en chef de Questions de femmes. Eté 2009.



Histoires d’Elles.


Tout de suite le regard est captif et danse sur le courbes sensuelles de ces sculptures monumentales, avale la belle énergie et s’en dégage. La main se tend pour une caresse, naturellement. Les femmes de FAZ offrent aux femmes le miroir d’une maturité qu’elles ignorent souvent et aux hommes celui de leur mystère. Paradoxe sublimé de rondeurs qui s’offrent et du secret qui se dérobe. Le trouble qui s’en dégage est subtil et voluptueux. Il invite à un voyage au cœur de la féminité, ses pleins et ses déliés, ses fragilités lumineuses, ses forces insoupçonnées. Les vingt sculptures exposées dans l’Orangerie du Sénat ont la force et l’évidence d’une source qui jaillit au soleil après un long parcours souterrain. Avec Elles, FAZ a créé un univers à elle qui résonne très fort en nous.

Véronique Périn
pour Vivre au Féminin. Eté 2005.

 

Faz par Isabelle de Maison Rouge



Les nouvelles sculptures de Faz, d’un blanc nacré très doux évoquent les plis sensuels d’un tissu perlé. Voile légère poussée par la brise, rideau  aérien abritant des formes  inconnues, écran opaque masquant la réalité pour la rendre plus poétique… cacher pour mieux montrer… ne rien révéler … laisser deviner. “Il y a le réel et l’irréel. Au-delà du réel et de l’irréel, il y a le profond” écrivait Montherlant.  Tel un rideau de scène qui masque la vraie vie et donne à voir un actefact, à moins que ce ne soit le contraire !
Ce travail sculpté en résine évoque également un processus de sédimentation, le lent travail que fait le temps par la tectonique des plaques sédimentologie, plaque de subduction. « La profondeur, disait Nietzsche, se cache parfois à la surface des choses. ». Accumulation  des âges, empilement des époques, enfouissement  de notre mémoire, superpositions de souvenirs et sensations, ces sculptures sont évocatrices du patrimoine culturel et naturel de la Terre, celle des hommes.
La surface de ces plaques immaculées  s’émeut sous le souffle qu’elle perçoit, comme l’eau sous le baiser du vent. Et la matière recueille en relief ces murmures qu’elle garde en mémoire comme l’épiderme le plus sensible, comme le rappelait Paul Valéry « Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est la peau. » Dans la blancheur du matériau s’imprime les écrits du vent, traces, cicatrices ou marques de tendresse.
Et Faz reprend à son compte les mots du poète américain Walt Whitman :
« Avez-vous sérieusement pu penser une minute que toutes ces lignes verticales, courbes et angulaires, ce semis de petits points figuraient les mots en question ? Détrompez-vous, les mots substantiels se trouvent au fond du sol et de l'océan, Au fond de l'air, au fond de vous. »

Isabelle de Maison Rouge

Version Venise
Dans un jardin vénitien, des voiles claquent au vent, à moins que ce ne soit du linge qui sèche entre terre et mer. Est-on dedans – dehors ? Plis et failles dans les secrets de la surface, les méandres de la profondeur…




Faz par Susan Smith

Ijbergs

Je déplace les blocs de polystyrène dans l'atelier; des Ijbergs*, blocs de glace d'eau douce. Je les dérive et les bascule un à un sur la grande table d'architecte, je trace sur les tranches des sinusoïdes fluorescentes, algues sur la glace. Les hachures, les croix, les flèches donnent les premières indications des découpes. Je lâche le feutre et de la main je contrôle les inflexions que je veux transmettre au bloc. Je compte, je rythme, je scande. Ondulé jusqu'à là... rapide. Lisse ensuite, jusqu'ici... très lent... Une barre... Je m'arrête. Ondulé encore.... mais très, très lent, millimètre par millimètre. Ici le fil va frôler la surface, très rapidement, attention à bien rester immergé. Ici le fil va couler à l'intérieur du bloc, se détendre. Puis je glisse très vite jusqu'à la fin, je tourne autour du point final pour infléchir et regrouper les dernières ondulations. Le fil se libère du bloc.  Je croise les paramètres, vitesse, amplitude, chaleur et taille du filament pour établir ma nomenclature de formes; Je tente de contrôler au plus juste l'érosion interne du bloc. Mon savoir est à l'intérieur, dans la partie submergée. Vient le moment de la séparation. Les parties résistent, je les fais vibrer, je tire, je les repousse et finalement, toujours dans un petit craquement, je les arrache l'une à l'autre. Surprise et redécouverte de mes gestes, mentalement je refais le parcours du fil sur les courbes, je reconnais mes ralentissements, mes arrêts et mes accélérations. La lumière zénithale coule sur les surfaces. Les courbes fabriquent les gris, le blanc devient rare. C'est de l'eau, c'est de la matière, c'est de la lumière, le temps se fige.

Susan Smith

Ijbergs*: néerlandais de iceberg


 

Ijbergs

Moving the polystyrene blocks in the studio, ljbergs*, soft water blocks. Diverting them and rocking them one by one on the great table, tracing fluorescent sinusoids on its edges, sea weeds on ice. Hatchings, crosses, arrows give the first hints of the cutouts,  I drop the felt pen and my hand controls the inflexions I want to give to the block. I count, pace, I scan. Undulating up to there… quick. Smooth then, up to here … very slowly.. a bar .. I stop. Still undulating … but very, very slowly, inch by inch. Here, the wire is going to brush the surface, very quickly, beware, it should remain immersed. Here, the wire is going flow into the block, loosen up. Then, I very quickly slip until the end, I turn around the full stop to inflect and group the last undulations. The wire sets free from the block. I cross examine the parameters, the speed, amplitude, heat and size of the filament in order to establish catalogue of forms. I try to control as accurately as possible the internal erosion of the block. My knowledge is inside, in the immersed part. Comes the moment of parting. The parts resist, I make them vibrate, I pull, I push, and finally I crack them open, pulling them apart from each other. My motions are a discovery, a surprise. Mentally, I trace again the path of the wire on the curves, I recognize my slow motions, my stops and my accelarations. The zenithal light pours over the surfaces. The curves create the gray, white becomes scarce.  It is water, it is matter, it is light, time freezes. 


Susan Smith




 

Création de sites internet Advanced Informatique